La désinstitutionalisation
La désinstitutionnalisation est au cœur même du mouvement Personnes d’Abord. Estimant que chaque personne a le droit de vivre dans sa communauté, Personnes d’Abord s’acharne à faire fermer les établissements et à sensibiliser la société canadienne à leur existence et aux solutions possibles.
Selon le Groupe de travail conjoint PAC/ACIC sur la désinstitutionnalisation, une institution est :
Une institution est un établissement dans lequel les personnes étiquetées de déficientes intellectuelles sont isolées, marginalisées et/ou rassemblées. Une institution est un établissement dans lequel les résidents n’ont pas le contrôle de leur vie ni des décisions quotidiennes et ne sont pas autorisés à l’exercer. Une institution n’est pas délimitée par ses dimensions.Â
Afin de sensibiliser la société à cet enjeu, Personnes d’Abord a créé plusieurs outils utilisés pour maximiser la conscientisation. Ces outils regroupent notamment :
Le Tour de la liberté
Puissant documentaire produit afin de sensibiliser la population aux institutions, tant au niveau national qu’au niveau international. Réalisé en partenariat avec l’Office national du film, ce projet est unique en son genre car il a été fondé, du début à la fin, sur le principe d’inclusion totale. Les membres de Personnes d’Abord ont appris toutes les facettes de la production de film, depuis le son jusqu’à la promotion en passant par le montage, la prise de vue, les entrevues, les relations avec les médias et plus encore.
Le 31 mars 2009, pour marquer la fermeture des trois dernières institutions ontariennes où étaient enfermées des personnes ayant une déficience intellectuelle, le documentaire En route vers la liberté a été projeté dans plus de trente (30) salles de la province.
Pour voir la bande-annonce du film En route vers la liberté, rendez-vous sur le site www.thefreedomtour.ca.
Nous avons le très grand honneur de vous présenter l’allocution prononcée par le  Dr Catherine Frazee lors de la cérémonie de clôture établissements ontariens, organisée par l’Association pour l’intégration communautaire à l’université Ryerson de Toronto. Dans le discours qui a suivi la présentation du film En route vers la liberté, Mme Frazee commente la fermeture des institutions et y réagit. Â
Allocution de Catherine Frazee *
Catherine Frazee est professeure distinguée, School of Disability Studies ç la Ryerson University et co-directrice du Ryerson RBC Institute for Disability Studies Research and Education.
Que peut-on dire dans un moment pareil?
Que dire dans un moment aussi intense,  accentué par l’honneur et la farouche conviction des créatrices et créateurs de  ce si puissant film?  Que dire quand ces puissantes images vous empêchent de respirer;   quand, au-delà des crimes et des dégradations, de la laideur et de la noirceur de ces lieux, la force même de cette énorme résistance, de cette volonté de survivre et de cette immense humanité vous coupent le souffle?
Que dire sinon merci, merci à chacun d’entre vous et à tous ceux et celles qui ont participé à la réalisation de ce extraordinaire film. Merci d’avoir eu le courage de dire la vérité, d’avoir eu le courage d’affirmer votre force, d’avoir eu le courage de distinguer le vrai du faux. Merci d’avoir eu la grâce de nous montrer ce que ce c’est que d’être une personne, d’abord.
Que dire quand vous partagez la scène avec une mère comme Joe Dickey et un frère comme Justin Clark? Deux générations de « rock stars » dans notre longue marche vers la liberté.
Que dire quand nous déroulons à vos pieds le tapis rouge de notre appréciation et de notre considération? Quand nous sommes fiers et privilégiés d’être en votre compagnie, fiers de suivre les gestes intrépides que vous avez posés il y a tant d’années, de marcher sur la route que vous avez tracée dans un esprit d’intégration communautaire.
Que dire quand les portes d’acier se sont refermées sur cette sombre période, quand  vous êtes en sécurité à l’extérieur mais que votre histoire est toujours épineuse, quand l’hémorragie s’est arrêtée mais que la douleur persiste, quand les édifices qui ont protégés de si monstrueuses histoires demeurent à présent, vides et silencieux. Que dire si ce n’est que jamais plus, jamais plus nos pairs seront entreposés, abandonnés et humiliés sur une si vaste échelle.
Que dire si ce n’est que nous ne nous détournerons jamais plus, que nous avons appris que ces ravages d’abus institutionnels sont dus à l’indifférence dont on vous a couvert. Que dire si ce n’est que nous sommes plus avisés, plus exigeants désormais.
Que dire si ce n’est que nous n’arrêterons pas tant que la promesse de vivre décemment dans la communauté ne sera pas une réalité pour toutes les personnes handicapées.
Bulletin l’Observateur Institutions
Le bulletin l’Observateur Institutions est rédigé et produit par le Groupe de travail conjoint sur la désinstitutionnalisation de Personnes d’Abord du Canada et de l’Association canadienne pour l’intégration communautaire. Il nous permet de suivre la progression de la fermeture des institutions et de nous assurer  que les personnes ayant des déficiences intellectuelles vivent dans la communauté. Pour accéder à tous les numéros de l’Observateur Institutions, consultez le site www.institutionwatch.ca
Groupe de travail national sur la désinstitutionnalisation
Le Groupe de travail conjoint sur la désinstitutionnalisation de Personnes d’Abord du Canada et de l’Association canadienne pour l’intégration communautaire existe parce que nombreuses personnes ayant des déficiences intellectuelles résident encore dans des établissements, marginalisées, isolées et souvent sans jouir pleinement de leurs droits. Le Groupe de travail s’acharne à sensibiliser la population à l’existence de ces établissements et aux conditions dans lesquelles vivent nos pairs. Il vise la fermeture totale de ces institutions et cherche à s’assurer qu’aucune autre ne sera construite pour enfermer des personnes ayant des déficiences intellectuelles. Sa vision est  celle d’un Canada où tous les citoyens vivent au sein des communautés et y participent.
Zone sans étiquette
En partenariat avec l’Office national du film, Personnes d’Abord du Canada est en train de mettre sur pied le site Zone sans étiquette. Créé pour et par les personnes étiquetées de déficientes intellectuelles, ce site Web permettra de présenter des  récits, d’échanger des expériences et d’affirmer des points de vue.  Nous voulons exposer  nos témoignages et nos histoires à tous les Canadiens et au reste du monde. Ce site est ouvert à tous et tous peuvent y contester les préjugés qui excluent et isolent les personnes étiquetées de déficientes intellectuelles et peuvent provoquer des changements. Le site sera officiellement lancé en octobre 2009 et est en construction à l’adresse www.labelfreezone.ca
Pour plus de renseignements sur la désinstitutionnalisation, écrire à info@peoplefirstofcanada.ca
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